| | je suis morte, il y a 12 ans. | |
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| Auteur | Message |
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feuille

Inscrit le : 23 Mar 2006 Messages : 18 Localisation : suisse
 | Sujet: je suis morte, il y a 12 ans. Sam 25 Mar à 4:26 | |
| J’étais mal, si mal… Rien n’y faisait, je n’y arrivais pas. Je n’arrivais pas à vivre. Tout le monde y arrivait mais pas moi. Pourquoi ? me répétais-je sans cesse. Pourquoi moi ? qu’ai-je de différent ? et pourquoi je n’y arrive pas ? pourquoi je me fais tant de mal. Un mur transparent me coupait de la vie. Derrière ce mur, stationnée nulle part et isolée du monde, il m’était impossible d’agir. Le strict minimum vital, manger boire et dormir, était pour moi un effort surhumain, toute mon énergie y passait. Remplir la voiture quand elle n’a plus d’essence correspondait pour moi au fait de s’alimenter. Un effort permanant que j’oubliais fréquemment. Alors qu’ai-je de si différent et pourquoi moi, je n’y arrive pas… ? Bien sûr j’ai un parcours plutôt semé d’embûches… puis mon accident. MON ACCIDENT. Jusqu’à mon accident, j’y arrivais, je gérais, je me battais mais à partir de ce moment-là : fini. Mon accident… Cet événement flou dont je ne me rappelle rien, source de tous mes malheurs, le fautif ! c’était lui ! et voilà, j’avais trouvé la cause. Avant lui ça allait, après ça n’allait plus. Je n’étais plus la même personne, je ne savais plus « comment on fait pour vivre ». Mais que faire ? Eh bien rien. Beaucoup de gens ont vécu un accident de voiture et s’en sortent très bien. Si moi je n’y arrive pas c’est parce que je suis faible, je n’ai pas de volonté. Je suis auto-déstructrice et je ne m’aime pas. Voilà, une sorte de martyr en quelques sortes. J’aime souffrir, donc tout est de ma faute. Si je suis mal, c’est de ma faute et c’est uniquement une question de volonté alors j’y arriverai bien un jour… « comme tout le monde ». Je ne me sens pas victime à ce moment-là mais bourreau, de moi-même. Et je n’arrive pas à arrêter le massacre. Culpabilité, car je me vois me détruire mais je ne peux rien faire.
Voilà dans quelle « dynamique » j’ai vécu jusqu’à mes 26ans. De 15 (année de l’accident) à 26 ans. Ça en fait un petit paquet d’années… Je suis allée au fond, tout au fond et même plus loin encore. Au fond de ce néant dans lequel j’essayais de survivre en m’anesthésiant de tout. Pas de limites, tout à l’extrême, tout pour ne plus sentir, ne plus y penser. Alcool, fêtes, drogues, travail acharné et dormir, surtout dormir un maximum car là au moins je n’existe pas. Ne jamais s’arrêter, surtout pas de silence, éviter ce vide sinon j’y tombe. Psychologues, psychiatres, médecins, thérapeutes, j’ai cherché et cherché encore, mais personne ne pouvait rien pour moi. « Vous en avez pour 15 ans de thérapie, et encore… » Merci au revoir !! « C’est psychosomatique… » « Je ne sais pas comment vous aider.. » etc. Qu’est ce qui m’a fait tenir ? pourquoi je ne me suis pas suicidée ? Eh bien, dans le chaos qu’était ma survie, deux choses étaient claires. Je ne savais pas vraiment d’où elles venaient, mais elles étaient inscrites, gravées au plus profond de mon être et impossibles à remettre en question. 1. Je n’ai pas le droit de mourir 2. Même dans le noir le plus total, il y avait toujours cette minuscule lumière, un petit point qui ne s’éteignait jamais. Dans la plus acharnée des tempêtes, cette lumière était là. Imperturbable et microscopique. Je « savais » qu’elle existait. Peut-être que rien n’existe, me disais-je, mais cette lumière elle, est réelle. Le n°1 me condamnait à rester sur terre et le n°2 me guidait. Et ce « souvenir ».., imprégné dans toutes mes cellules, ce souvenir si puissant, ce souvenir inexplicable en mots... Ce truc que je SAIS. Une sensation, un vécu, un endroit, un état. Cette « chose » plus grande et plus forte que tout. Cette « chose » si belle, si bonne. Cette « chose » dont personne ne connaissait ici l’existence tant la douleur terrestre, le poids et le corps nous en coupe. Je ne savais pas d’où me venait ça, je n’en étais même pas consciente, mais il y avait une « trace » en moi et je savais que « ça » existait, quelque part. En même temps ça me donnait l’espoir d’avancer et en même temps ça me détruisait. Rien à côté de « ça » ne pouvait être bien, tout était fade et gris, mais l’espoir secret de le retrouver me maintenait en vie.
Ces trois choses m’ont tenu en vie pendant 12 ans, mais je me sentais « coincée » sur terre. Je n’avais pas le droit de partir et je n’arrivais pas à y vivre. Je vivais la vie comme une corvée, un effort permanent et une punition. Je ne savais pas où était la réalité, ce mot si étrange que j’ai cherché en vain à comprendre… « Réalité » mais qu’est-ce que la réalité ? je ne savais pas. Il n’y avait pas de fond, pas de sol ni de plafond.
Dernière édition par le Ven 4 Mai à 15:33, édité 1 fois |
|  | | feuille

Inscrit le : 23 Mar 2006 Messages : 18 Localisation : suisse
 | Sujet: Re: je suis morte, il y a 12 ans. Sam 25 Mar à 4:26 | |
| Je voulais juste être un petit peu moins mal, un tout petit peu juste « normale », c’est tout ce que je demandais. Pas le bonheur, pas l’amour ni le succès ni l’argent, rien. Juste me sentir bien, une fois au moins. Et petit pas par petit pas, j’avançais. Je marchais dans la tempête, dans le brouillard le plus épais, mais je marchais. Parfois des bourrasques m’éjectaient des kilomètres en arrière, mais je me relevais et continuais. Sans savoir où était ni la gauche, ni la droite, je marchais. Condamnée à avancer. Je n’avais pas le choix de toute façon. Je ne savais ni vivre, ni ne pouvais mourir, juste marcher, pour ne pas mourir justement. Car je n’en avais pas le droit.
C’est comme ça que de fil en aiguille, récoltant de petits morceaux à droite, à gauche, une parole par ci, un texte par là, un sourire par là-bas et un regard par ici, j’ai avancé. Comme j’ai toujours été seule, sans famille ni entourage, je n’avais rien. À 17ans, j’ai quitté ma mère qui en avait déjà assez à gérer son propre chemin. Je me suis battue et ai mis toute l’énergie que j’ai pu trouver pour me former et avoir un métier qui me plaise. Je « savais » que c’était ma seule solution. Je me disais que mon métier serait à moi et que personne ne pourrait me le prendre. Même dans les moments les plus abstraits, où je perdais complètement pied, je travaillais. J’étudiais, j’apprenais. C’était ma bouée de secours, ma raison de vivre et certainement ma fuite aussi mais finalement constructive. De recherches en formations à d’autres formations et à d’autres recherches puis petit à petit, de résultats en résultats, la confiance a commencé à naître. Je commençais à exister à travers quelque chose. Le travail. Mes épaules, commençant à se solidifier, permirent aux choses enfouies en moi de commencer le lent processus de remontage à la surface.
Ça peut paraître facile dit comme ça, mais c’est un raccourci… Des centaines d’allers et retours ont encore ponctué ce chemin. En haut. En bas, les montagnes russes…
L’histoire de l’accident a commencé à me revenir. Comme si je l’avais toujours su, mais que je ne le savais plus. Je me souvenais bien d’être un peu « partie », mais c’était mon secret, comme un rêve et si bien enfoui que moi-même je ne m’en souvenais plus. Comme je ne pensais pas avoir été morte, je ne me suis jamais sentie concernée par les histoires de nde ou quoique ce soit ayant trait à ce sujet, au contraire, je l’évitais... Pensant que j’étais folle, je m’étais jugée et avais rangé tout ça bien au fond d’un tiroir. J’ai fait « comme si ça n’existait pas ». Pour ça, je suis douée…
J’ai appris, il y a une année, que je suis morte lors de cet accident. Vraiment morte, carrément morte… Je ne le savais pas !!! N’en ayant jamais reparlé avec ma mère, elle pensait que je savais… « Déclarée morte cliniquement. » Sur les lieux de l’accident, les pompiers appellent ma mère pour lui annoncer « votre fille est décédée »… Crâne cassé en deux sur toute la longueur, traumatisme crânien, coma, amnésie.
Dernière édition par le Lun 27 Mar à 21:52, édité 1 fois |
|  | | feuille

Inscrit le : 23 Mar 2006 Messages : 18 Localisation : suisse
 | Sujet: Re: je suis morte, il y a 12 ans. Sam 25 Mar à 4:27 | |
| Ayant été prise d’amnésie, je n’ai que très peu de souvenir de l’accident, du mois suivant et de cette année-là. Juste après, je ne pouvais plus faire le lien entre les mots d’une phrase, je ne comprenais pas ce que l’on me disait. Je comprenais les mots mais pas le sens créé par leur assemblage. J’ai dû arrêter les études que je venais de commencer car je ne pouvais pas gérer plusieurs choses en même temps. Je n’avais pas perdu mes capacités intellectuelles, mais tout me surmenait et je perdais pied. J’ai sombré dans une longue, on appelle ça je pense, dépression. Bref. Mes « souvenirs » sont les suivants. Ils ne sont pas visuels mais vécus. Je suis allées dans ce que j’aime appeler la « source ». J’étais cette source. Enfin elle était bien plus grande que moi bien sur, je n’en étais qu’un mini-mini-mini micron de rien du tout et même moins mais j’étais fondue en elle. Elle était en moi et j’étais en elle, je n’étais plus « moi », je faisais partie du tout. Ça a duré pour moi une éternité. Comme si ça avait toujours été et que ça le serait toujours. Plus rien d’autre n’existait. J’étais comme une sorte de brise, une poussière humide et scintillante, de l’amour pur mais tellement pur qu’un mot est à des années lumières d’être assez « pur » pour le définir. Rien n’existe pour le définir. « Ça » existe. La source, la lumière, l’amour.
La question qui a rythmé ma vie durant toutes les années qui ont suivi « ça » a été « pourquoi je ne suis pas morte ? ». Pourquoi n’ai-je pas eu le droit de rester là-bas. J’ai cru que je ne le méritais pas. Que je n’étais pas assez pure, pas assez bien. Je l’ai vécu comme un rejet total, un rejet de la vie. Si la vie ne m’aimait pas, je ne valais rien et je ne méritais l’amour de personne et encore moins de moi-même.
Durant le mois qui a suivi l’accident, que j’ai complètement occulté et qui a sûrement été décisif de la suite des événements, je me souvenais de tout. Mais comme j’étais tellement « ailleurs » et coupée de la réalité, je n’ai que très peu raconté ce que je voyais à ma mère. C’était si clair et évident pour moi à ce moment-là, qu’elle a toujours pensé, jusqu’à il y a une année, que je me souvenais. Je lui ai raconté, à l’époque, que je voyais depuis l’extérieur de la voiture, une femme qui me parlait, etc. Pendant ce fameux mois où j’étais encore complètement là-haut, je refusais que les gens entrent dans ma maison. Je disais que c’était tout noir autour d’eux et je ne voulais pas regarder certaines personnes dans les yeux. Je crois que je voyais tout et je me suis complètement coupée du monde car je ne pouvais pas gérer tout le négatif que je percevais. Ma mère était entourée de gens qui se droguaient souvent et faisaient beaucoup la « fête ». J’étais trop jeune pour gérer et j’ai eu très peur. J’ai de vagues souvenirs, quand je m’allongeais, je me sentais partir. Je marchais sur un fil et s’il se rompait ou si je tombais, je mourais. Je pense avoir eu très peur de mourir. Enfin tout est très flou mais en ressort de très grosses peurs qui sont encore en moi aujourd’hui. Pendant ce mois, je n’ai pas mangé et mon corps était froid. Je sais aujourd’hui que je ne me suis pas bien réincarnée. J’ai commencé à me droguer un mois après mon accident et j’ai pris ma dernière drogue à l’âge de 20ans. J’ai continué à me droguer à l’alcool, au travail, à la télévision et j’en passe, jusqu’à 26ans. Je me suis coupée de tout, ne plus rien sentir, ne plus rien voir.
J’ai toujours eut de la peine à vivre en société, j’en étais carrément incapable jusqu’à récemment, car j’ai continué à voir. Beaucoup moins c’est évident, mais je sais que je vois « derrière les masques ». Je le refuse encore, j’ai une énorme résistance en moi. J’ai une peur telle et l’identifier m’est difficile. J’ai beaucoup de peine à vivre en société car je n’arrive pas à avoir un « masque ». J’ai conscience aujourd’hui du merveilleux cadeau que cela représente mais j’ai encore parfois suivant les situations, beaucoup de peine à le gérer dans ma vie de tous les jours. Je le ressens encore parfois comme un handicape mais essaie de l’accepter et aménage ma vie en fonction. Je me rends aussi compte que plus je l’accepte et plus la vie m’entoure de gens dont les masques sont de plus en plus transparents et fins. Mon entourage se modifie au fur et à mesure que mon cœur et ma conscience s’ouvrent. |
|  | | feuille

Inscrit le : 23 Mar 2006 Messages : 18 Localisation : suisse
 | Sujet: Re: je suis morte, il y a 12 ans. Sam 25 Mar à 4:27 | |
| Il y a une année, j’ai lâché. J’ai arrêté de me battre. Arrivée à la fin de ma formation, mon but était atteint. J’avais survécu toutes ces années pour chercher, trouver et avoir un métier, mon métier. J’ai réussi mes derniers examens en empochant prix et diplômes, j’avais tout donné. Mais après quelques mois d’activité, je tournais en rond, je me sentais épuisée, au bout du rouleau et ne voyais plus comment continuer. Alors pour la première fois, j’ai parlé à la vie et je lui ai fait une promesse. Je lui ai dit : « Je ne sais plus, je n’en peux plus de me battre, je m’en remets à toi. Je te fais totalement confiance. Dès aujourd’hui, tout ce que tu m’envoies, je le prendrai sans juger et l’accepterai, même si ce n’est pas ce que je voulais. Je sais que tu m’emmènera là où je dois aller. Je suivrais touts tes signes. Tous. J’en fais la promesse. » Depuis ce jour, cette promesse ne m’a jamais quitté. Ma vie est devenue magique. Le chemin est très rude, mais la vie me guide et je m’en remets complètement à elle. Elle me ramène à elle. Elle me ramène à moi. Car nous sommes la vie, la vie est en nous.
Quatre mois après, respectant ma promesse, la vie avait tout cassé autour de moi. Tous mes repères. Je me retrouvais dans une nouvelle ville, avec un nouveau travail, sans appartement, sans amis. Elle m’a amené à moi. Je me suis retrouvée assise dans une pièce vide avec moi. Au même moment, j’ai suivi un ami qui allait faire un stage de reiki et me suis retrouvée dans ma pièce vide à devoir méditer 30jours pour une sorte de « nettoyage ». Je l’ai fait, respectant ma promesse, sans remettre en question. Je me suis donc retrouvée à méditer et je dois dire que cela a changé ma vie. Ça fait maintenant bientôt une année que je médite tous les jours et c’est devenu vital. Je remercie. La vie m’a aussi, indirectement à travers ce stage, amené à rencontrer « ma » thérapeute, elle est une sorte de guide pour moi. Pour la première fois je rencontre une personne qui me voit. Une personne merveilleuse qui n’a pas baissé les bras devant le défis que je peux représenter pour les thérapeutes… Avec son aide, je fais un chemin incroyable. Elle est le plus beau cadeau que j’ai reçu. Ma vie a totalement changé. Je me suis réveillée. Il m’aura fallu 12 ans. Aujourd’hui je remercie chaque jour la vie pour tout ce qu’elle me donne. Je travaille tous les jours à vivre dans le respect de moi-même car nous sommes la vie et si nous ne nous respectons pas, nous ne respectons pas la vie.
Ma thérapeute m’amène à prendre conscience. Elle m’accompagne. C’est très dur de prendre conscience de ce que j’ai vécu pendant toutes ces années, dur de me rendre compte que j’ai vécu comme si je n’existais pas. Que je suis morte si fort que je suis revenue seulement en partie dans mon corps. Que plein de morceaux de moi sont restés là-haut. Que je suis partie si loin et revenue si vite et brusquement que mon inconscient ou esprit (je ne sais pas trop comment l’appeler), n’a pas compris que je n’étais pas morte et qu’il fonctionne depuis 12ans comme si je n’avais pas de corps. Je vous laisse imaginer ou peut-être connaissez-vous la drôle de vie que cela entraîne. Je dois aujourd’hui, faire un gros travail d’ancrage. Je viens de passer 6mois très difficiles à faire tout un travail pour accepter et me convaincre que ça valait la peine de redescendre. Je commence à sentir l’énergie circuler en moi. Mon corps se réanime gentiment et les mémoires qui y sont contenues aussi... Je n’ai pas respiré pendant 12 ans… j’ai fait un long voyage mais comme je n’étais pas ancrée, tout est resté là-haut. J’ai vécu sur pilote automatique - fonction vitales. Peut-être un jour retrouverais-je tous ces souvenirs…
J’ai encore tellement de chemin à faire pour me « désintoxiquer » (comme disent les anges de Marie-Lise Labonté), pour nettoyer mon canal de toutes mes blessures et mes peurs, et il y en a encore un sacré paquet ! Mais je ne me sens plus seule. J’ai parfois très peur car je vis encore des moments vraiment difficiles mais ils n’ont plus rien avoir avec les vertiges d’antan. Aujourd’hui je suis là. Je suis avec moi et je m’aide. Je sais que je peux compter sur moi car je suis revenue. Je ne me sens plus seule également car je commence aussi à sentir les présences bienveillantes qui m’aident et me soutiennent depuis toutes ces années. Je peux à travers la respiration et la méditation me connecter à l’énergie et accepter de la laisser entrer et couler en moi. C’est l’énergie de la vie, c’est l’amour, qui guérit. Je peux ressentir que la source est cette énergie de vie est qu’elle est en tout, partout et infinie. Que nous devons juste accepter de la laisser être. Lui laisser la place, aimer. Mettre son mental et son ego en transparence avec son âme en les acceptant et en les aimant.
Mon travail aujourd’hui et vraiment de me soigner, soigner mes blessures, me nettoyer de tous ce non-amour. Apprendre à m’aimer, ouvrir mon cœur, être amour. Et si j’y arrive, l’amour pourra descendre sur la terre à travers un canal de plus. Voilà c’est tout. |
|  | | angé

Age : 36 Inscrit le : 24 Mar 2006 Messages : 174 Localisation : strasbourg
 | Sujet: Re: je suis morte, il y a 12 ans. Sam 25 Mar à 10:55 | |
| Juste un mot pour te souhaiter plein de lumière et de douceur au cours de ton chemin. Je crois que beaucoup d'entre nous "traînent" ce mal de vivre, cette impression d'être tellement éloignés de notre Condition Essentielle, de notre Source. Je pense que notre but est de retrouver cet Amour, cette Lumière Inconditionnels au cours de notre vie terrestre et d'aider ceux qui en sont coupés au maximum de nos moyens. Ceux et celles qui y ont accès "directement" au cours d'un accident ou d'un état de conscience modifié sont un peu comme des phares et ont (peut-être) la responsabilité d'ouvrir le chemin pour eux-mêmes et pour ceux qui les suivront. Je trouve ça bien que tu témoignes à la fois de cette Source si belle et des difficultés à vivre cette vie terrestre - l'un n'empêchant pas l'autre! - et suis heureuse pour toi que tu aies trouvé une thérapeute à l'écoute qui te permettra de te révéler et de donner ta lumière aux autres. Plein de soleil de printemps à toi! |
|  | | Martine Admin

Inscrit le : 16 Sep 2005 Messages : 1696 Localisation : Suisse
 | Sujet: Re: je suis morte, il y a 12 ans. Sam 25 Mar à 11:57 | |
| Bonjour "feuille"
Je te remercie du fond du coeur pour cet émouvant partage et pour toute la confiance que tu nous témoignes.
Ton récit est pour moi quelque chose d'essentiel, quelque chose qui me redonne confiance en l'utilité de ce site et de ce forum. Parfois, j'ai des doutes par rapport à ce que je fais. Tu viens de me faire un merveilleux cadeau. Merci infiniment.
Je disais hier, dans un post sur un autre sujet, que l'essentiel était pour les expérienceurs de pouvoir intégrer leur expérience et d'arriver à se réincarner vraiment. Tu viens d'en faire l'illustration.
De tout coeur, je te souhaite tout le courage et toute la lumière nécessaires pour continuer ton chemin de redécouverte de toi-même et de toute la beauté qui est en toi.
Et puis, je suis ravie d'avoir enfin une nouvelle participante suisse sur ce forum ! Nous avons besoin de renfort !
Merci aussi à toi, Angé, pour ton chaleureux message.
Avec toute mon amitié.
Martine _________________ "Il n'y a que LA VIE" |
|  | | jean-michel

Age : 50 Inscrit le : 26 Fév 2006 Messages : 137 Localisation : Bretagne : Château de Suscinio
 | Sujet: choisir de vivre Sam 25 Mar à 13:09 | |
| Merci à Feuille pour son témoignage
Et voici l' histoire de Jerry qui a choisi de vivre en positif... [/url]http://www.alchymed.com/articles_impr.asp?id_article=1204
"Là où il y a la lumière la plus vive, il y a aussi l'ombre la plus profonde" Karl Durkheim _________________ Jouer avec les mots pour se déjouer des maux Et se réaliser en harmonie |
|  | | Francis

Inscrit le : 18 Sep 2005 Messages : 582 Localisation : Bouches du Rhône
 | Sujet: Re: je suis morte, il y a 12 ans. Sam 25 Mar à 19:52 | |
| Merci Feuille.
J'avais décidé de marquer une petite pause, mais.........j'ai lu ton parcours.
Quel plaisir de te lire, j'aime ton style, quelle émotion tu déclenches. Moi qui enseigne que l'on doit dominer (cela ne veut pas dire supprimer) son émotionnel, je viens de m'autoriser un peu de trouble dans les yeux.
Le souffle (la respiration) est un pont de Lumière entre le visible et l'invisible.
Francis  _________________ Nous ne sommes pas des êtres humains vivant plus ou moins une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant complètement une expérience humaine.
Donald Walsch |
|  | | Shulamite

Inscrit le : 19 Sep 2005 Messages : 941 Localisation : Lanaudière Qc
 | |  | | feuille

Inscrit le : 23 Mar 2006 Messages : 18 Localisation : suisse
 | Sujet: merci Sam 25 Mar à 21:13 | |
| merci pour vos messages si plein de gentillesse. j'en suis très touchée. je dois vous avouer que moi aussi en me relisant, j'ai versé quelques larmes! j'ai encore de la peine à me rendre compte que c'est de moi que je raconte l'histoire.. mais je peux avoir aujourd'hui un regard d'amour et de tendresse sur le parcours de cette fille, que je suis.
et oui matine, ton forum est indispensable! on s'y sent tout de suite en confiance. il y règne une énergie d'honnêteté et il est unique pour ça.
je te remercie pour ce que tu fais. je n'avais jamais écrit mon histoire et ça m'a pris des heures! mais le fait d'écrire, rend réel et c'est vrai que c'est une étape très importante. pour permettre à la pensée d'avancer, il faut la matérialiser d'une manière ou d'une autre. d'ailleur ce matin, ma pensée a pu continuer, et j'ai fait de nouvelles grandes découvertes! j'écris depuis le début de mon travail avec cette thérapeute que j'ai la chance d'avoir enfin trouvé et c'est une aide magique.
à bientôt m |
|  | | mariam

Inscrit le : 19 Sep 2005 Messages : 480 Localisation : marseille
 | Sujet: Re: je suis morte, il y a 12 ans. Sam 25 Mar à 22:15 | |
| Bonsoir feuille
Je te souhaite d'aller de découvertes en découvertes du fond de mon coeur. Dans une découverte il y a toujours un pan de quelque chose d'inconnu à nous, qui s'ouvre. L'amour et la tendresse sont des clés qui ouvrent bien des portes. Courage
Amitiés,
Mariam  |
|  | | feuille

Inscrit le : 23 Mar 2006 Messages : 18 Localisation : suisse
 | Sujet: ça continue...! Sam 25 Mar à 23:33 | |
| oui je vous disais que ce matin, j'ai pris conscience de quelque chose de très important. et en le voyant de l'extérieur je trouve tout ça plutôt passionnant. je me suis donc dite que j'allais le partager avec vous. mais dites-moi si je dois m'arrêter parce qu'en même temps ça va très loin je trouve... je pense que c'est typiquement un vécu d"expérienceur" et que vous pouvez comprendre... je me sens parfois un peu folle quand je relis des truc comme ça! alors dites-moi si je dois m'arrêter ou si ça résonne en vous et que ce sont des choses que vous avez aussi pu vivre sur le chemin de l'acceptation, de la "digestion" et intégration de cette expérience.
(Tam est ma thérapeute)
la folle, hi 
Dernière édition par le Sam 25 Mar à 23:43, édité 1 fois |
|  | | feuille

Inscrit le : 23 Mar 2006 Messages : 18 Localisation : suisse
 | Sujet: feuille Sam 25 Mar à 23:34 | |
| Sa 25 mars
J’ai demandé à Tam que l’on fasse un petit bilan et que l’on discute lors de notre prochaine rencontre. Il est vrai que depuis mon retour de Thaïlande où je me suis sentie si bien, j’ai eu peur de retourner la voir. Elle m’a demandé de réfléchir à cette peur avant que l’on ne se voie. Définir ces angoisses car c’est vrai qu’elles sont depuis mon retour, très présentes. Bon je crois que la première chose est le fait, qu’avec du recul, je vois que les 6 derniers mois, de juillet à décembre, ont été très durs. Mais très très dur et c’est vrai que j’ai peur de revivre ça. La différence est bien sûr qu’aujourd’hui j’ai mon appartement et que mon ancrage est plus solide. Mais j’ai peur car je sens que ce n’est pas fini. J’ai l’impression que le gros est devant moi et non derrière. Il est vrai que j’ai déjà vécu un truc très gros, j’ai changé de vie. Ça aussi je l’avais senti venir, je le savais depuis longtemps et ça me faisait également très peur. C’est mon mental qui a peur en fait. Toujours lui… qui a peur du changement. Je pense que c’est ce qui se passe aujourd’hui. C’est mon mental qui résiste. Alors que moi j’ai une confiance aveugle et totale en Tam, lui la voit mes faire des trucs, il sait que ça va entraîner des changements. Alors il résiste. Il a peur. Il veut savoir où l’on va.
Donc, mes peurs : 1. Le mental résiste, il a peur, ne sait où l’on va, ne comprend pas et pressent encore des changements. 2. Je « sais » que le gros et devant et non derrière. 3. « Comme si ça n’existe pas », prise de conscience.
3… En Thaïlande, je me suis rendu compte que mon système pour vivre est de faire « comme si ça n’existe pas ». C’est visiblement le système de survie que j’ai développé. Maintenant je me vois vivre d’après ce système. Ce n’est pas encore très clair pour moi mais ça fait naître une culpabilité. Pour vivre et assumer, je compartimente tout. Je vis dans différents espaces-temps et fais comme si celui d’après et d’avant n’existaient pas. J’ai donc bcp de peine à respecter les horaires, à me rythmer, etc... Je le fais aussi pour les douleurs, et pour tout je pense.
(En Thaïlande je me suis fait faire une épilation à la cire, ça a duré 2h et l’on m’a brûlé, j’en avais des cloques partout et la peau arrachée par endroits)
J’ai été effrayée de constater que l’on m’avait brûlé les jambes en m’épilant. Ça me brûlait pendant, terriblement, mais je n’ai rien dit. Je ne sais pas où sont les limites. Je ne reconnais pas la douleur. Je me suis dit que c’était moi qui étais trop sensible. On pourrait me couper une jambe à vif je crois. Cette idée de ne pas avoir de limites m’effraie. De ne pas savoir dire non, stop. Je remarque que je fais pareil avec le travail. Je ne sais pas m’arrêter et du coup je ne mange plus et ne dors que trop peu. Je fais comme si tout ce qui n’est pas le moment que je vis, n’existe pas. Il n’y a pas d’après, pas de répercussion, rien. Je ne comprends pas encore bien ce schéma et ça m’effraie de voire que je suis dedans. Ça me décourage aussi. Du coup ça fait naître une peur. Moi qui me sentais si bien, est-ce encore une illusion ? Vais-je encore perdre pied, encore tout remettre en question ? C’est très éprouvant et j’ai toujours cette peur de ne pas y arriver. Perdre pied et devenir folle. Toujours ces réalités que je crois être bonne et qui ne le sont jamais. Où est-elle cette réalité, arriverais-je un jour à y vivre ? j’ai peur de me rendre compte que j’en suis encore si loin. Que tout se casse encore et encore. |
|  | | feuille

Inscrit le : 23 Mar 2006 Messages : 18 Localisation : suisse
 | Sujet: Re: je suis morte, il y a 12 ans. Sam 25 Mar à 23:35 | |
| 4. « les dénis »
Ces choses que je ne sais pas encore, que je ne suis pas prête à voire mais qui sont en moi… plus j’avance et plus je les sens. Elles me font peur car si je ne peux pas encore les voire, c’est qu’elles doivent êtres énormes ou terribles. Ça concerne mes viols mais aussi ce qui entoure l’accident.
5. « voire »
J’ai peur de voir, je ne veux pas voire mais je sens que j’y vais. J’ai l’impression qu’après mon accident, j’ai fait le singe. Boucher les oreilles, les yeux et la bouche. Je sens très fort les bouchons que j’ai placé moi-même. J’étais jeune et je ne pouvais certainement pas gérer ce que j’ai vu. Je crois que j’ai eu très peur à ce moment-là et j’ai dit NON. Mais plus j’avance et plus je sens que ça s’ouvre malgré moi, mais je résiste et ça me fait ces pressions terribles dans les oreilles. En même temps je « sais » que ça vient et plus je « sais », plus je résiste. C’est comme un deuil que je devrais faire et que je n’arrive pas à faire. Je n’arrive pas à accepter que je suis une personne différente depuis que « m » est morte. Je n’arrive pas à la laisser partir. Alors je suis un fantôme, un souvenir, le souvenir d’une personne qui n’existe plus depuis 12 ans. Je crois que je suis morte lors de cet accident. Je crois que je dois faire le deuil de ce moi aujourd’hui. Je crois que ma résistance est là. Je n’arrive pas à laisser partir les dernières choses qui me restent de cette personne. Je m’y accroche, je m’y agrippe. En tout jetant, c’est ce que j’ai fait en fait. J’ai laissé partir « m ». Je m’en rends compte à l’instant... C’est ça que Tam m’amène à faire.. Que j’arrête de m’agripper à ce souvenir. Que j’arrive à lâcher cette « m » que je ne suis plus depuis si longtemps. Ce fantôme que je crois encore être moi. Bon oui, ça doit être ça. J’en ai déjà lâché une grande partie. Sans vraiment en avoir conscience. Et là il me reste 2-3 fil que je n’arrive pas à lâcher. C’est sûrement ça que je pressens et qui me fait si peur. Lâcher « m » et son histoire. Lâcher ce personnage, ce souvenir, ce fantôme. Ça tend tout partout dans mon corps. Waw.
(En octobre 05, j’ai jeté tous les objets, meubles et vêtements qui m’appartenaient, j’ai TOUT jeté, même les photos. TOUT. Pour me « libérer des vielles énergies »… Ça faisait partie de mon travail thérapeutique.)
C’est vrai, maintenant que je le dis, je regarde autour de moi et il n’y a plus rien à moi. Pas un objet, pas un vêtement. Rien. Peut-être que tout a changé autour de moi et que je ne m’en rends pas encore compte. Peut-être que c’est en moi que je dois lâcher. Je dois la laisser partir. Je dois laisser partir cette « m », je dois la libérer. Mais alors qui vais-je être si je ne suis plus « m ».
En fait je crois que c’est pour ça que je ne sais pas où sont mes limites. Parce que je vis ce souvenir, j’essaie d’être cette fille qui n’existe plus. Bien sûr comme elle n’existe pas, comme elle est un fantôme et bien elle ne ressent rien. Quand je dis « je », je me trompe. C’est « elle ». et comme elle n’existe pas et ne ressent pas, tout est mental. Tout est créé par mon mental. Il crée quand elle a mal ou quand elle est bien. Tout est construit dans le mental. Rien n’est vécu ni ressenti. Rien. C’est pour ça qu’on peut me brûler les jambes sans que je ne m’en rende compte. Parce que je ne sais pas quand elle pourrait avoir mal. « M » est morte, il y a 12 ans. Ça me paraît clair quand je vois que j’ai titré mon témoignage « je suis morte, il y a 12 ans », et quand je dis aux gens « je suis morte », au lieu de leur dire « j’ai vécu, il y a 12 ans,… ».
Je dois la laisser partir. Mais qui suis-je alors ?
C’est pour ça que je n’ai pas existé toutes ces années, c’est pour ça qu’on a pu me violer, que j’ai pu me détruire autant. Car je ne ressentais « RIEN ».
En fait pendant le mois qui a suivi l’accident, je n’ai pas été prête à accueillir cette nouvelle âme que j’étais. J’ai dit « non », « stop », on n’entre pas. J’ai refusé d’être, d’incarner cette nouvelle âme. Mon mental a dit non. Il ne voulait pas voir, il ne voulait pas savoir. Il voulait faire comme si rien ne s’était passé et continuer comme avant. Je ne suis plus « m » depuis longtemps et je ne m’en suis pas rendu compte. C’est vrai. Je regarde autour de moi et je vois que je n’existe plus. Ma vie de « m » n’existe plus depuis quelque temps déjà. Il n’y a plus rien à elle ici. Et je ne m’en suis pas rendu compte. « m » n’existe plus nulle part, juste dans ma tête.
Je n’est plus je. |
|  | | feuille

Inscrit le : 23 Mar 2006 Messages : 18 Localisation : suisse
 | Sujet: Re: je suis morte, il y a 12 ans. Dim 26 Mar à 0:44 | |
| en fait je l'ai retranscis tel que je l'ai écrit ce matin, sorry pr l'écriture pas top...  |
|  | | | je suis morte, il y a 12 ans. | |
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