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 Un texte essentiel de Sri Aurobindo

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AuteurMessage
Martine
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Nombre de messages : 5271
Localisation : Suisse
Date d'inscription : 16/09/2005

MessageSujet: Un texte essentiel de Sri Aurobindo   Mer 18 Fév - 19:31

Bonjour à tous,

Pour compléter la Charte du Forum et les quelques mises en garde qu'elle contient par rapport à certaines expériences, je vous propose ici un texte essentiel de SRI AUROBINDO sur les dangers d'une ouverture prématurée ou non-préparée aux plans subtils et à leurs influences (sachant qu'il utilise une sémantique propre à la pratique yoquique hindoue - à adapter à notre langage, donc). Ce texte nous avait été proposé par Marc dans un autre fil de discussion et je pense qu'il a vraiment sa place ici. Merci Marc !  I love you

A lire et relire sans modération !

"

"Il s'agit en fait d'un état intermédiaire, d'une zone de transition entre la conscience ordinaire dans le mental et la véritable connaissance yoguique. On peut la franchir sans dommage, en percevant immédiatement ou très tôt sa véritable nature et en refusant d'être retenu par ses demi-lumières et par ses expériences tentatrices, mais imparfaites et souvent mélangées et trompeuses. On peut s'y égarer, suivre des voix fausses et des conseils mensongers, et l'aboutissement est un désastre spirituel; ou l'on peut s'installer dans cette zone intermédiaire, refuser d'aller plus loin, et y construire quelque demi-vérité que l'on prend pour la vérité totale, ou devenir l'instrument des pouvoirs de ces plans de transition; c'est ce qui arrive à beaucoup de sâdhak et de yogis.

Submergés par la première irruption d'un état supranormal et le sentiment de pouvoir qu'il apporte, ils sont éblouis par une petite lumière qui leur semble une illumination extraordinaire ou par le contact d'une force qu'ils prennent à tort pour la Force divine tout entière ou du moins pour une très grande Shakti du yoga; ou bien ils prennent quelque Pouvoir intermédiaire (qui n'est pas toujours un Pouvoir du Divin) pour le Suprême, et une conscience intermédiaire pour la suprême réalisation. Ils en viennent très aisément à penser qu'ils sont dans la pleine conscience cosmique alors qu'ils n'ont eu qu'un contact dynamique avec une face ou une petite partie de cette conscience, ou avec des régions plus vastes du Mental, de la Force de Vie ou du physique subtil. Ou encore ils ont l'impression d'être eux-mêmes dans une conscience entièrement illuminée, alors qu'en réalité ils reçoivent imparfaitement ce qui vient d'en haut par l'illumination partielle d'un plan mental ou vital quelconque; car ce qui leur vient est amoindri et souvent déformé au cours de sa transmission à travers ces plans; souvent le mental et le vital récepteurs du sâdhak comprennent ou traduisent mal ce qu'ils ont reçu, ou projettent pour les y mêler leurs propres idées, leurs sentiments, leurs désirs, qu'ils ne tiennent pourtant pas pour leurs mais pour une partie de la Vérité reçue, parce qu'ils se mêlent à elle, imitent sa forme, sont illuminés par sa clarté et acquièrent, par cette conjonction et cette lumière empruntée, une valeur exagérée.

Il existe des dangers plus graves dans cette zone d'expérience intermédiaire. Car les plans auxquels le sâdhak a maintenant ouvert sa conscience - et dont il ne reçoit pas, comme auparavant, de simples aperçus et quelques influences, mais directement le plein impact - lui envoient une foule d'idées, d'impulsions, de suggestions, de formations de toutes sortes, souvent tout à fait opposées les unes aux autres, incohérentes ou incompatibles, mais qui se présentent de manière à estomper leurs manques et leurs différences, avec une force, une plausibilité et une richesse d'arguments très grandes ou en suscitant un sentiment convaincant de certitude. Submergé par ce sentiment de certitude, cette intensité, cette apparence de profusion et de richesse, le mental du sâdhak entre dans une grande confusion qu'il prend pour une organisation et un ordre plus vastes; ou encore il tourbillonne dans d'incessants changements et déplacements qu'il prend pour un progrès rapide, mais qui ne le mènent nulle part. Ou il court le danger contraire de devenir l'instrument d'une formation d'apparence brillante, mais ignorante; car ces plans sont pleins de petits Dieux, de forts Daïtyal [=Titans, fils de Diti qui symbolise l'être divisé, la conscience séparative] ou d'êtres inférieurs qui veulent créer, matérialiser quelque chose ou imposer à la vie terrestre une formation mentale et vitale et sont avides d'utiliser, d'influencer ou même de posséder la pensée et la volonté du sâdhak et d'en faire leur instrument à cette fin.

Ces dangers sont distincts de ceux, bien connus, qui viennent des êtres véritablement hostiles dont le seul dessein est de créer la confusion, le mensonge, la corruption de la sâdhanâ et l'erreur anti-spirituelle, cause de désastre. Tout sâdhak qui permet à l'un de ces êtres - qui s'approprient souvent un Nom divin - de s'emparer de lui, perdra son chemin dans le yoga. D'autre part, il est tout à fait possible que le sâdhak trouve, pour l'accueillir à son entrée dans cette zone, un Pouvoir du Divin qui l'aide et le guide jusqu'à ce qu'il soit prêt pour des choses plus grandes; cependant, même cette éventualité n'est pas une sauvegarde contre les erreurs et les égarements de cette zone; car rien n'est plus aisé, pour les pouvoirs de ces zones ou les pouvoirs hostiles, que d'imiter la Voix ou l'Image du guide, de tromper et d'égarer le sâdhak, ou pour ce sâdhak lui-même d'attribuer au Divin les créations et les formations de son propre mental, de son vital ou de son ego.

Car cette zone intermédiaire est une région de demi-vérités, ce qui en soi n'aurait pas d'importance, car aucune vérité n'est complète en dessous du supramental; mais la demi-vérité ici est souvent si partielle ou bien si ambiguë lorsqu'on l'applique qu'elle laisse une grande latitude à la confusion, à l'illusion ou à l'erreur. Le sâdhak croit qu'il n'est plus du tout dans l'ancienne petite conscience, parce qu'il se sent en contact avec quelque chose de plus vaste ou de plus puissant, et pourtant la vieille conscience est toujours là et n'est pas véritablement abolie. Il sent la maîtrise ou l'influence d'un Pouvoir, d'un Être ou d'une Force plus grands que lui, aspire à être son instrument et pense qu'il s'est débarrassé de l'ego; mais cette absence illusoire d'ego dissimule souvent un ego magnifié. Des idées s'emparent de lui et entraînent son mental, idées qui sont vraies seulement en partie et se transforment en mensonges par une erreur d'application née d'un excès de confiance; les mouvements de la conscience en sont viciés et la porte est ouverte à la duperie. Le sâdhak reçoit des suggestions d'un caractère parfois romanesque qui le flattent en lui donnant de l'importance ou sont en accord avec ses désirs, et il les admet sans examen ni contrôle discriminatoire. Même ce qui est vrai est à tel point exalté ou étendu au-delà de sa portée, de ses limites et de sa mesure véritables, que cela engendre l'erreur. C'est une zone que de nombreux sâdhak doivent traverser, dans laquelle beaucoup errent longtemps et d'où un grand nombre ne ressortent jamais. En particulier, si leur sâdhanâ se situe principalement dans le mental et dans le vital, ils y rencontrent inévitablement de nombreuses difficultés et bien des dangers; seuls ceux qui obéissent scrupuleusement à des directives strictes ou ceux dont la nature est dominée par le psychique franchissent avec facilité cette région intermédiaire, comme sur une route sûre et clairement balisée. Une sincérité centrale, une humilité fondamentale préservent aussi de beaucoup de dangers et de désagréments. On peut alors passer rapidement au-delà, dans une Lumière plus claire où, s'il y a encore beaucoup de mélange, d'incertitude et de lutte, l'être s'oriente pourtant vers la Vérité cosmique et non vers un prolongement à demi éclairé de Mâyâ et de l'ignorance."

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