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 Témoignage de Colette

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Martine
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Date d'inscription : 16/09/2005

MessageSujet: Témoignage de Colette   Ven 30 Jan - 19:21

Témoignage de Colette

Récits de SOINS PALLIATIFS : Ce que j’ai vécu au chevet des mourants

Je me prénomme Colette. J’ai 59 ans, professeur d’espagnol en collège, divorcée depuis 10 ans, 2 enfants adultes, 4 fois grand-mère, je pratique le yoga, la randonnée et divers engagements associatifs.

Ce qui donne sens à ma vie depuis 4 ans, c’est « l’accompagnement » des personnes en fin de vie. Quelle a été ma motivation ? Je dirai d’abord que la recherche spirituelle a toujours marqué ma vie. Par chance, je n’ai jamais eu peur de la mort. En 1976, mon père est décédé à la maison, serein et lucide, entouré des siens. Par la suite, j’ai reçu plusieurs « signes » de lui , renforçant ma conviction que la « mort » n’est pas la fin de tout :

Déjà, le lendemain de son décès, lorsque je suis entrée dans sa chambre où il reposait sur son « lit de mort » dans son beau costume, j’ai senti comme une présence sur ma gauche et une main se poser sur mon épaule ; je me suis figée sur place car j’étais seule ; en même temps, j’ai « entendu », bizarrement placée au niveau de mon estomac, une voix qui me disait : « ne va pas jusqu’au lit. Je ne suis plus dans mon corps ; désormais, je suis avec toi. » ! Debout sur le seuil de la porte, j’ai contemplé celui qui me « quittait » tout en restant mystérieusement à côté de moi. Au lieu du chagrin auquel je m’attendais, je ressentais une grande paix et une sorte de joie. Nous avions souvent parlé de la mort ensemble. Il disait qu’elle ne lui faisait pas peur, ayant vu tant de gens mourir dans les camps de prisonniers pendant la guerre. Sachant un an à l’avance qu’il allait mourir d’une leucémie, il m’avait promis : « si l’Au-Delà existe, je te le ferai savoir » . Accomplissait-il déjà sa promesse ? Voici l’un des signes les plus nets que j’ai reçus par la suite. Grand mélomane, il m’avait déclaré : « après ma mort, chaque fois que tu entendras la Neuvième Symphonie de Beethoven, je serai avec toi ». Encore fallait-il que je l’entende « par hasard » et non volontairement ! Un certain nombre d’années plus tard, en plein divorce qui se passait mal, un soir de cafard et de solitude, j’ouvre la radio sans même savoir sur quel poste elle était branchée … et je reconnais la Neuvième Symphonie. Les larmes me montent aux yeux, et je remercie Papa de se manifester à un moment où j’avais bien besoin de soutien. Quelques semaines après, je devais retourner au domicile conjugal pour emporter mes affaires. Instant d’angoisse et de moral à zéro. Par chance, mon mari n’était pas là. Me voilà en train de faire mes cartons et je me dis qu’en écoutant la radio, ce serait plus gai. Vous avez deviné : on y diffusait « la Neuvième » . Ce fut pour moi un choc lorsque je réalisai que nous étions aussi le 7 septembre, jour anniversaire du décès de mon père ! N’était-ce pas signé ?

Mais j’étais rationnelle et voulus avoir la preuve que c’était bien un signe de lui. Alors, le soir dans mon lit, je lui demande de me fournir cette preuve … Soudain, un bruit énorme de chute d’un objet au premier étage me fait sursauter. J’habitais provisoirement dans notre maison de campagne familiale où mon père aimait à peindre des aquarelles. Tremblant de peur, je monte l’escalier … et trouve, vertical contre le mur par terre sur le palier, un des tableaux que mon père avait peint sous mes yeux d’enfant ! Plus de doute possible. Merci Papa.

En 1992, ma grand-mère maternelle mourait à l’hôpital, seule, une nuit. Je n’oublierai jamais comment les infirmières m’ont chassée de la chambre à 20h sous prétexte que l’heure des visites était terminée ! Le sentiment d’abandonner celle qui avait tant compté pour moi m’a révoltée et m’a fait dire « plus jamais ça ; il ne faut plus que les gens meurent tout seuls ». Je décidai alors de militer pour les SOINS PALLIATIFS, qui commençaient à se développer.

A cette époque-là, j’avais parcouru un bon bout de « chemin spirituel ». Je connaissais des médiums et j’avais lu de nombreux livres sur la Survie. Je parlais régulièrement à mon père quand je le sentais proche. Un jour, je voulus savoir si mon « destin » était bien de m’engager dans les Soins Palliatifs. Après un moment de méditation, je me tourne mentalement vers « l’Au-delà » (je ne sais jamais QUI va m’entendre, mais je sais que nos invisibles sont là) et je pose ma question. Il s’était écoulé environ 3 minutes quand le téléphone sonna : c’était les SOINS PALLIATIFS qui m’appelaient pour me confirmer mon inscription à la formation de bénévole. Ne doutant pas que j’avais là la réponse attendue, je pense à mon père … et tout d’un coup, boum…. Je vois se décrocher et tomber une de ses fameuses aquarelles que j’avais suspendues dans le couloir de mon appartement ! C’est à ce moment que j’ai été persuadée d’être faite pour accompagner les mourants, comme cela s’est confirmé depuis.

Après une formation solide de 6 mois, je me suis engagée en 2001 comme bénévole dans l’Association locale d’accompagnement aux Soins Palliatifs, créée conformément à la Loi sur les personnes en fin de vie. J’ai donc l’occasion d’approcher celles et ceux qui vivent leurs derniers jours ici-bas. Ce sont des expériences humaines fortes, souvent émouvantes, parfois difficiles, mais aussi très riches, autant avec le « mourant » qu’avec sa famille. Voici donc le récit de ce que j’ai vu. Par confidentialité, je ne donnerai que les initiales du nom des personnes concernées.

La première scène se passe dans un petit hôpital rural. Mme P., une vieille dame aux yeux bleus, ne quitte plus son lit. Elle s’achemine lentement vers sa fin. De visite en visite je la vois décliner. Ce soir-là, en novembre, vers 18h, la nuit est tombée derrière les vitres de la fenêtre de sa chambre. Mme P. a les yeux clos et je lui tiens la main en silence. Elle sait que je suis là car elle m’a souri en m’accueillant et nous avons échangé quelques mots. Elle respire avec difficulté, par moments je passe ma main sur son front pour la rassurer. Elle semble s’enfoncer peu à peu dans l’inconscience et je n’ose pas bouger ! Soudain, avec une force et une vivacité qui me surprennent, elle se redresse, s’assoit et s’écrie : « ils sont tous là, ils sont tous là !! » en regardant vers la fenêtre. Moi, bien sûr, je ne vois personne, mais je crois qu’elle, elle voit ceux qui viennent la chercher pour l’emmener au-delà du passage où elle va s’engager. Alors je réponds avec tact et conviction : « Oui, Mme P., ils sont tous là ! ». Elle retombe sur son oreiller, et replonge dans sa léthargie. Je quitte doucement la chambre. Elle décèdera une semaine plus tard.

Ma deuxième histoire a lieu dans une maison de retraite de la ville. Mme J. est assise sur un fauteuil, pliée en deux. Elle a 84 ans ; son mari, qu’elle appelle Papou, est mort il y a 12 ans. Le médecin a dit que ses poumons se remplissent d’eau et qu’elle n’en a plus pour longtemps. Je me mets donc à genou devant elle pour voir son visage ; elle me prend les mains, plante ses yeux dans les miens et me murmure : « Papou est là ; il veut m’emmener dans le jardin ». Il paraît qu’elle répète ça depuis deux jours au personnel soignant , et personne ne la croit ! Moi je lui dis, très sérieusement, avec affection : « mais bien sûr ; s’il est là, vous pouvez aller avec lui ! » … On l’a retrouvée « morte » dans son lit le lendemain au petit déjeuner …

Cette fois, nous sommes en juillet, l’an dernier. Monsieur S. est en train de mourir d’un cancer, tout seul à l’hôpital : sa famille, qui habite en Martinique , ne peut pas faire le voyage. Nous nous relayons donc à deux bénévoles pour qu’il ait une visite chaque jour. Il geint sans arrêt, sauf quand nous sommes là … mais il ne peut déjà plus parler. Ses yeux noirs, quand ils sont ouverts, semblent regarder dans le vide, et pourtant, quand je lui tiens la main, il la serre très fort. Il se calme et respire mieux quand je lui dis qu’il n’est pas tout seul. En cet après-midi-là, je lui prodigue les gestes d’apaisement que je sais pratiquer depuis longtemps maintenant. Tout d’un coup, il ouvre des yeux écarquillés, se redresse à demi, entraînant sa perfusion, s’accroche de la main droite à mon poignet et, de sa main gauche, pointe l’index, le bras tendu vers le mur d’en face, me montrant quelque chose ou quelqu’un … que moi je ne vois pas ! Il emporta son secret. Le lendemain, l’autre bénévole apprit la nouvelle de son décès.

Au mois d’août suivant, Monsieur J.P., atteint par la phase terminale de sa maladie, ne quitte plus son lit. Sa fille, jeune, est à son chevet, éplorée, en face de moi qui me tiens de l’autre côté du lit. Les yeux clos, la bouche pincée, le souffle irrégulier, Monsieur J.P. semble proche de sa dernière heure. Soudain, ses lèvres bougent, on dirait qu’il parle. Ses yeux s’ouvrent, et le voilà qui lève un bras puis les deux, avec un geste d’accueil et un sourire. Sa fille et moi, nous nous regardons. Par chance, cette demoiselle – que je connais depuis quelques temps - croit que la mort n’est pas la fin de tout. Elle ne dira donc pas que son père a déliré. Car soudain il parle à haute voix : « maman, qu’est-ce que tu fais là ? » Il répète plusieurs fois, comme incrédule et heureux : « maman » puis il s’écrie : « mémé ! » (Inutile de dire que ces deux femmes étaient décédées depuis de nombreuses années). Ses lèvres remuent en silence, dans une conversation que nous n’entendons pas mais qui a l’air bien réelle ! Ce monsieur ne mourra pas tout de suite. Il attendra Noël pour expliquer à sa fille qu’en août, il avait failli mourir et que sa mère ainsi que sa grand-mère étaient venues le chercher, mais qu’il n’a pas voulu « partir » à cause du chagrin de sa fille. Il sait qu’elles reviendront et qu’alors, il les suivra. Lui qui se déclarait athée, il croit désormais que la vie continue « de l’autre côté ». Il n’a plus peur de la mort et il demande à sa fille que lorsque viendra ce moment-là, elle le laisse « partir ». C’est ce qui est arrivé l’été dernier.

Je terminerai mes récits par l’« accompagnement » que je viens de faire début septembre, auprès d’une dame de 95 ans, Mme E., hospitalisée .Elle répétait « je vais mourir », tantôt angoissée, tantôt résignée. Elle ne mangeait plus qu’un peu de compote que sa fille lui donnait avec amour. Pendant une dizaine de jours, mes gestes d’empathie et mon écoute de la souffrance de cette vieille dame me donnaient la joie de la voir s’apaiser. Un soir où j’étais restée après le départ de sa fille, Mme E. sembla s’animer soudain et dit d’une voix assez faible mais que je perçus nettement : « ils sont là » …. Je commençais à savoir ce que cela signifie et je lui répondis : « bien sûr, ils sont là ! » sans la troubler en cherchant à savoir « qui » était là. Puis elle ajouta, plus nettement et avec conviction : « ils sont gentils » … et moi d’approuver aussitôt ! Sachant que cette dame avait été orpheline à l’âge de 7 ans, j’imaginais que c’était peut-être ses parents qu’elle retrouvait, peut-être aussi ses frères et sœurs, décédés avant elle, comme me l’expliqua le lendemain sa fille à qui je racontais l’incident. Mme E. s’est éteinte tranquillement trois jours plus tard.

Amis lecteurs, je vous laisse tirer votre conclusion !

Colette

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