Notre Expérience - Témoignages NDE/EMI et ECM

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 Témoignage d'Elvir

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Martine
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Nombre de messages : 5271
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Date d'inscription : 16/09/2005

MessageSujet: Témoignage d'Elvir   Mer 26 Fév - 20:34

 

Témoignage d’Elvir

Voici le récit de mes deux expériences NDE :

La première expérience a été vécue lors d’un épisode grippal sévissant à l’époque : une grippe asiatique baptisée la Hong Kong A II. Beaucoup de décès, par pneumonie, ont été signalés en cet hiver 1967-1968. J’en ai été l’une des dernières victimes.

Elle m’a rattrapée en mars 1968, malgré un hiver sans problème en dépit d’ un profil de bronchiteuse chronique, J’en avais ressenti un sentiment de fierté.

Mal m’en a pris. En huit jours, torturée par une toux épuisante de jour et de nuit, ponctuée de crachats immondes, en hypothermie, j’avais perdu 10 kgs. Le diagnostic était tombé : pneumonie à virus sur lequel les antibiotiques n’avaient pas de prise. Ils me furent néanmoins prescrits, par précaution.

Chaque matin, je m’efforçais de m’habiller et de descendre au rez-de-chaussée afin de ne pas effrayer mes enfants, âgés respectivement de 8 et 11 ans.

Je vivais en léthargie, la radio près de moi déversait de la musique classique. Dans ce silence habité, ponctué par la visite d’une aide-ménagère et de l’infirmière chargée de me faire les piqûres, la peur rodait. Je faisais peur, alors que je n’éprouvais aucune crainte. Rien que de l’apaisement malgré la toux, les crachats et le reste. Comme en attente. L’infirmière s’effrayait : "Je ne comprends pas ce médecin. Il devrait vous envoyer en clinique. C’est inadmissible. Votre mari pourrait vous retrouver morte ce soir en rentrant. Et vos enfants ?" Je préférais rester chez moi, je n’avais nulle envie de me retrouver en clinique.

La réaction de mon mari ayant été négative, je n’ai pas trop osé leur raconter ce que j’avais vécu de bizarre.. Fort probablement au "pic" de la maladie. A partir de ce jour en effet, celle-ci a régressé jusqu’à la guérison finale.

Le jour ou le "bizarre" est arrivé, je somnolais, étendue sur le divan du salon, enveloppée de musique. Brutalement, je me suis sentie détachée de tout ce qui m’entourait, emportée vers l’arrière à une très très grande vitesse. De très loin supérieure à celle des avions juste avant le décollage ou juste après un atterrissage. Les coussins du divan avaient pris la consistance de l’eau. L’eau d’un ruisseau avec, au-dessus de moi, des arbres en corbeille, immobiles. Ils me faisaient un étroit couloir dans lequel je dérivais au centre d’une lumière noire, semblable à celle d’une nuit de pleine lune. Progressivement transformée en une lumière blanche et dorée à la fois, chaude aussi dans laquelle j’éprouvais une sensation de bonheur absolu. Douceur et amour m’enveloppaient, comme au temps de mon enfance lorsque j’étais lovée dans les bras de ma grand-mère adorée. Accueillie enfin, aimée d’un amour tellement immense, jamais éprouvé auparavant et impossible à décrire avec nos mots humains.

J’éprouvais aussi la sensation d’entrer en communication avec tout l’Univers, dans une Paix Infinie où tous conflits étaient abolis. De connaître toutes les langues du monde en un langage amoureux et universel.

Je m’enfonçais de plus en plus dans cette lumière quand, soudain, la "pensée" de mes deux enfants m’a envahie : pour eux, il fallait que je m’arrache à cette dérive bienheureuse. Ce n’était pas mon désir, mais il le fallait, absolument.

La souffrance m’a traversée. Abandonner cet univers de Beauté, d’Harmonie, de Douceur, de Paix. Impossible, mais une Force m’a saisie et je me suis retrouvée dans mon cadre familier : la musique envahissait l’espace. Je regardais avec détachement tous les objets familiers, pas vraiment heureuse d’être "revenue".

Avais-je rêvé ? Non, c’était autre chose. Je me suis dit :"Si c’est çà mourir, ce n’est pas si terrible." Les enfants sont rentrés de l’école : c’était pour eux que j’étais là, en vie. Oui, mais quelle vie ?

Au retour de mon mari, je lui ai raconté ce qui m’était arrivé. Il s’est moqué, m’a dit que j’avais rêvé, que c’était l’effet des médicaments. Je savais dans mon coeur qu’il n’en était rien. Bref, je n’ai pas été écoutée.

J’ai décidé de ne pas en parler autour de moi. J’ai vite compris qu’il était préférable de me taire. Enseignante, mère de famille, n’aurais-je pas risqué d’être traitée de « folle », de me retrouver dans un asile psychiatrique ? Des choses étranges me sont arrivées. Que faire ? J’ai cherché à comprendre. Je me sentais en porte-à-faux, en décalage par rapport avec ce monde qui m’entourait. Sauvée cependant par l’écriture de poèmes : ils me traversaient et je les écrivais à l’aube, avant de partir au travail. Un parcours de lectures aussi, dans des domaines qui ne m’intéressaient pas vraiment auparavant : philosophie, religions etc... jusqu’à ce fameux mois d’août 197O.

Mois d’août 1970

Vers le 6 environ, je suis entrée en clinique pour y subir une intervention chirurgicale lourde. Ayant eu des difficultés pour devenir maman, j’avais déjà connu plusieurs épisodes d’anesthésie complète. Si deux de mes enfants sont en vie, quatre nous ont précédés là-haut, tous nés avant la naissance. Dans mon coeur, ils sont devenus des "Vivants".

Deux jours après cette énième intervention et pour éviter les phlébites, l’infirmière et l’aide-soignante m’ont demandé de quitter mon lit et de m’installer dans le fauteuil un peu plus loin. Je n’y suis jamais arrivée. Je suis tombée entre les deux. Ce n’était pas la première fois, mais là, quelle aventure.

J’ai été projetée immédiatement dans la Lumière Indescriptible que j’avais dû quitter avec tant de souffrance et d’arrachement lors de ma première expérience : même sentiment de plénitude, de douceur, d’amour. Je retrouvais ma véritable Maison, enfin.

Dans cette Lumière, j’ai "vu" mes grands-parents maternels. Je les ai "vus", mais avec une autre perception que celle d’ici-bas. Plus tard, j’ai appelé cela "voir avec les yeux de l’Esprit". Ils me regardaient, tout en discutant entre eux. Mon grand-père et ma grand-mère désiraient que je les accompagne, que je reste avec eux. J’ai "entendu" -nettement la voix de ma grand-mère, toujours dans cette perception différente d’ici : "Qu’elle reste avec nous. Là-bas, elle n’est pas heureuse." Elle exprimait la vérité. Effectivement, je n’étais pas heureuse. Envahie de questions sans réponse, sans personne à qui parler, terriblement solitaire dans cette quête.

Quand soudain, l’un de mes oncles, leur fils cadet, celui qui a remplacé mon père prisonnier de guerre 40-45 est intervenu. Nette, sa voix s’est élevée :" Non, pas encore, elle est beaucoup trop jeune et puis, il y a les enfants. Ils ont encore besoin d’elle."

La lumière m’a quittée brutalement et je me suis retrouvée couchée sur le sol avec, penché au-dessus de moi, un visage. Sans doute avais-je reçu une paire de gifles pour me faire revenir ! Le visage avait une expression effrayée, mais doux. Je me suis sentie en confiance. Immédiatement, j’ai éprouvé le besoin de raconter ce qui m’était arrivé. J’ai eu plus de chance que la première fois. Elle m’a répondu en me tutoyant : "Je te crois. Nous avons eu très peur. Tu étais en train de mourir. Tes yeux étaient fixes et brillants. On aurait dit que tu voyais quelque chose. Ils étaient pleins de lumière. Ma collègue est partie chercher du secours, mais je vois que çà ira." Le tutoiement était normal, la clinique étant située dans la zone flamande du pays.

La collègue est revenue et nous sommes restées toutes les trois pour en discuter. Non, ce n’était pas un simple évanouissement. Elle aussi avait eu très peur. Elle ajouta : "Je n’avais jamais vu çà." Sans doute était-ce sa première confrontation avec la mort.

J’ai vérifié les dates, suis allée au cimetière et, aussi étrange que cela puisse paraître, l’oncle qui est intervenu au nom de mes enfants est décédé en 1976. Or cette deuxième expérience a eu lieu en 1970. Je tiens à relever cette précision. Elle me paraît importante.

J’ai aussi eu la chance, au cours de mes recherches ultérieures, d’avoir pu acquérir un livre écrit, je crois, bien avant Moody : La vie après la mort ? d’un écrivain suédois le docteur NILS O’JACOBSON. Ecrit en 1971, il a été traduit en français en 1973 et édité par les Presses de la Cité.

J’ai fait de mon mieux, mais décrire l’indescriptible avec nos pauvres mots n’est pas facile. Heureusement, il y a eu ce don de la poésie pour lequel, chaque jour, je dis Merci.

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