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 Témoignage de Gaston

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Martine
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Nombre de messages : 5271
Localisation : Suisse
Date d'inscription : 16/09/2005

MessageSujet: Témoignage de Gaston   Mer 26 Fév - 20:27

 

Témoignage de Gaston

ENTRE LA VIE ET LA MORT

Tel était le titre d’un article d’un quotidien de Québec. Dans son édition du 14 décembre 2005, le Journal de Québec rapportait :

« Un homme de Québec victime d’une spectaculaire sortie de route dans le village de Ragueneau, près de Baie-Comeau, lundi soir, repose entre la vie et la mort, à l’hôpital de l’Enfant-Jésus.

L’automobiliste de 50 ans circulait sur la route 138 quand, pour une raison inconnue, a perdu la maîtrise de sa voiture dans une courbe située dans une portion non éclairée de la route. Après avoir heurté un ponceau, la voiture a fait un vol plané et est retombée sur le toit, percutant à l’atterrissage une automobile garée dans une entrée privée. À l’arrivée des secours, le quinquagénaire était conscient. Son état s’est cependant détérioré peu après son admission à l’hôpital de Baie-Comeau. C’est pourquoi les médecins ont pris la décision de le transférer à Québec. »

Date de l’accident : le 12 décembre 2005 Heure de l’accident : 19 heures 02 minutes

QUI SUIS-JE ?

Je me nomme Gaston De Courcy Jr, je suis âgé de 50 ans, je suis marié à Gladys George et nous avons 3 enfants. J’ai fait des études universitaires, je détiens entre autre, une maîtrise en science politique et je suis écrivain à mes heures, j’ai rédigé un livre sur la créativité et un second sur les systèmes interactifs d’aide à la décision. Depuis près de 30 ans, je suis un consultant en management certifié, j’exerce l’art de conseiller en planification stratégique et en technologies de l’information. Je suis une personne dynamique, énergique, j’ai une bonne constitution physique ( 1m 82, 100 kg), je jouis d’une bonne santé et ce, même si je fais un peu d’embonpoint, je suis un sportif au repos ! Je n’ai jamais fumé, je n’ai jamais fait usage de drogue et je ne bois pas...

AVANT L’ACCIDENT...PRÉMONITIONS

Le 1er décembre, je reçois un signal : je me sens fatigué, je devrais prendre mes vacances des Fêtes plus rapidement ! En effet, j’ai 50 ans, je travaille en tant que consultant auprès des organisations publiques et des municipalités du Québec. Mes semaines de travail sont assez « costaudes », près de 70 heures par semaine, sans compter une trentaine d’heures en déplacement, je roule environ 65 000 km par an ! Mon épouse, œuvre en tant qu’infirmière et s’occupe de brillante façon de nos 3 enfants. De mon côté, je tente d’être le plus présent, ce qui m’est difficile...

Dans ma tête, je suis comme un jeune de 17 ans et je me crois immortel ! Ma conjointe me suggère d’appeler mes clients, pour leur signifier mon intention de bénéficier plus rapidement du congé du Temps des Fêtes. Je prends le téléphone, mais à chacun des mes appels, face à mes clients, je me sens incapable de leur dire (aie-je peur d’avouer une faiblesse ?) le pourquoi de mon appel et je fixe plutôt des rendez-vous ! Mon épouse est quelque peu contrariée : elle sait que je suis en moins bonne forme depuis quelque temps !

AVANT L’ACCIDENT...

Le soir du 12 décembre 2005, il est environ 18h40, je prends congé de mon client de Baie-Comeau, malgré son désaccord et ses hésitations, il me recommande plutôt de coucher ici et de repartir le lendemain matin. Rien à faire, je veux retrouver ma femme et mes enfants !

J’embarque dans ma voiture et au bout d’un moment, je prends mon appareil cellulaire et j’informe mon épouse que je rentre à la maison, je devrais être à Québec aux alentours de minuit 30...

En bonne Irlandaise ( Gladys est de descendance Irlandaise et Écossaise), ma conjointe, une femme énergique, me signifie de manière très expressive son désaccord et je me « fais brasser » au téléphone. Elle me passe un à un mes trois enfants, Marie-Hélène 12 ans, Louis-Philippe 10 ans et Catherine 9 ans...Chacun argumente, me conseille de coucher à Baie-Comeau, puis me recommande d’être très prudent...Je tente de les rassurer, je les aime, il n’y a rien à faire, papa doit rentrer à la maison ! Je raccroche, l’âme en paix !

RETOUR...DESTINATION QUÉBEC

Ragueneau...

Environ 19 heures...Il fait noir, la Volvo S70 SE roule à 100 km dans une zone de 90. La route 132 longe le fleuve, combien majestueux à cet endroit. Je vois les petites lumières des maisons se refléter sur l’eau du fleuve, la musique est excellente, dynamique et entraînante. La voiture est remplie d’un son électrisant : j’écoute, à pleine tête, Whole Lotta Love du groupe Led Zeppelin... je me sens très bien, dans quelques heures je serai à Québec, dans ma maison avec ma femme et mes enfants. La vie est belle, j’aime faire de la route mais mon Dieu qu’il fait noir dans le coin. Je regarde par la fenêtre, je suis calme, je suis heureux, je suis serein... Je pense à mon épouse, à mes enfants, à mes affaires, à la façon dont je vais terminer les travaux avant le 22 décembre, tout un « rush » en perspective !

Je ne le sais pas encore, mais ma vie est venue bien près de se terminer à ce moment ! Je ne me souviens de rien, plus rien ! Le vide, rien que le vide !

QUE S’EST-IL PASSÉ ?

Selon le rapport de la Sûreté du Québec, ma voiture a fait une embardée de plus de 100 mètres. Je suis demeuré accroché par ma ceinture, la tête à l’envers pendant plus d’une heure avant que les secours arrivent sur les lieux. On ignore la cause de mon accident, je ne m’étais pas endormi au volant, je venais à peine de terminer une conversation animée...

Selon le rapport médical, j’ai subi 8 hémorragies cérébrales : mon cerveau avait subi ce que l’on appelle une « Accélération, décélération, rotation », c’est-à-dire des mouvements rapides de va-et-vient effectués par le cerveau à l’intérieur de la boîte crânienne. L’effet d’accélération est causé par l’accroissement soudain de la vitesse à laquelle la boîte crânienne est soumise. La décélération est provoquée par l’arrêt brusque du cerveau en mouvement. L’effet de rotation se produit lorsque le cerveau tourne autour de son axe ou de sa base.

Pour les besoins des lecteurs, j’aimerais mentionner ce qui suit à propos du cerveau : le cerveau est divisé en 2 hémisphères, les hémorragies ont frappé les facultés et les habiletés suivantes...

Hémisphère cérébral droit...côté droit

• main gauche • mémoire visuelle • organisation spatiale • musique • conscience • créativité • fonctions artistiques

Hémisphère cérébral gauche...côté gauche

• mémoire verbale • main droite • langage parlé • raisonnement • aptitudes pour le calcul • fonctions scientifiques • langage écrit

Je présentais un test de Glasgow de 3/15, une situation très critique ! Je suis dans le coma. Je suis en hypothermie, je ne portais qu’une chemise, j’avais enlevé mon veston et mon paletot. La vitre du toit ouvrant a éclaté et les éclats de vitre m’ont lacérés le cuir chevelu, je suis couvert de sang...

Ma tête et mon cou sont très enflés, j’ai reçu mon ordinateur portable ( 12 kg) derrière la tête. J’ai l’avant-bras gauche et l’épaule droite très endoloris, je présente une bosse de la « grosseur d’une tête d’enfant » au haut de la cuisse droite.

LE PREMIER RÉVEIL...

Je me réveille...Je me sens comme un boxeur qui a livré un combat de 15 rounds...j’ai mal partout, je suis coincé par ma ceinture de sécurité, je suis complètement viré à l’envers, mon bras gauche me fait souffrir, j’ai mal à l’épaule droite...j’ai la vue embrouillée, j’ai les yeux aveuglés par le sang...et j’ai terriblement froid !

Je vois par le pare-brise, des lueurs, des gens qui crient et qui courent...j’entends des voix mais je ne comprends pas ! Je force, je force et je force...j’essaie de me libérer mais j’en suis incapable. Je sens, autour de moi, une activité humaine effrénée, des voix et des clameurs. Je force, je force, je force...rien ne semble bouger, je me sens très coincé, impuissant, mal en point et j’ai froid, très froid...immensément froid !!!

Je grogne, je me débats, j’essaie de me tirer hors de ce mauvais pas. Je crois que c’est l’instinct de survie...Je me sens coincé comme jamais, il faut que je m’en sorte ! Moi, pourtant si fort habituellement, je suis contrains de m’avouer vaincu ! Je suis suspendu dans les airs, j’ai du sang plein les yeux, plein le visage, j’éprouve de la difficulté à reprendre mon souffle...

À un moment donné, tout est devenu noir, je n’avais plus de force et j’ai entendu une voix, qui venait de nulle part me dire : « c’est fini ». J’étais dans le noir le plus total, je ne sentais plus mon corps et je me suis dit : « C’est terminé, je lâche prise, j’abandonne, je vais mourir, je suis en train de mourir et je ne peux plus rien faire... ».

La noirceur, l’obscurité m’ont envahi...le froid m’a complètement engourdi, m’a fait perdre mes moyens...le noir m’a avalé et je me suis laissé aller tranquillement...Je sais que je vais mourir, que c’est la fin, je le sens, j’abandonne, j’ai perdu ! Je me sens très petit face à la mort et je me dis que mon voyage est terminé...

DANS LE TUNNEL...

Il faisait noir, très noir et il faisait très froid, je me suis dit : « je suis devenu un esprit »... Tout à coup, je me suis senti libéré, je flottais dans l’habitacle de ma voiture, je suis passé à travers le plancher ! Je me suis envolé dans les airs, tel un esprit...

Je voyais ma voiture en bas au sol, sur le capot et je voyais les secours et des personnes s’affairaient autour de la scène mais moi, je me dirigeais dans le firmament, dans le noir... je me suis senti léger et je me suis senti libre, je n’étais plus prisonnier de mon auto. Je volais dans les airs pendant combien de temps, je ne peux le dire !

Soudain, je suis éclairé par une vive et étincelante lumière, j’étais bien, j’avais enfin chaud... J’étais vivant mais je ne voyais pas mon corps. Il faisait beau, j’étais bien, je n’éprouvais aucune douleur ou souffrance. C’était comme un immense tunnel, très éclairé, lumineux et chaud...Je n’avais pas peur, j’étais bien et heureux...

Je ne sais pas où j’étais, le temps semble suspendu...Tout à coup, je me retrouve devant une grande maison blanche lumineuse, beaucoup de lumière...

Je me tiens devant cette vaste maison, le temps est suspendu, je ne vois que de la lumière, c’est calme et serein.

Je lève la tête, je vois une silhouette s’approcher de moi, c’est un homme qui gesticule... Mais c’est mon père ! Mon père décédé 9 mois plutôt à l’âge de 75 ans ! Mon père, plus jeune et dynamique, on dirait mon père à 60 ans ! Mon père très impatient...qui me brandi un doigt sous le nez !!!

Moi, je suis réellement heureux, je suis très content de le voir, je veux m’approcher et l’embrasser ! « Papa ! Qu’est-ce que tu fais ici ? Ça va bien ? » lui demandais-je complètement incrédule, surpris et étonné.

« Gaston, retourne en bas ! Tout de suite, ça presse, tu dois partir, va-t-en ! » me répondit mon père sur un air très directif et contrarié...

« Bien non, je suis bien ici, il fait chaud, je suis avec toi, de toute façon je suis dans de beaux draps en bas, je ne peux m’en sortir, je suis en train de mourir ! » je rétorquai rapidement. Là-dessus, je lui montre le tableau en bas, ma voiture est sur le capot, entouré par les secours... « Papa, je reste avec toi, c’est fini, c’est mieux comme cela ! »...

« Non mon gars, tu t’en vas en bas ! Tu t’en vas tout de suite ! Vas-t-en ! Le temps presse... » me signifia mon père sur air qui ne laissa pas l’occasion de répliquer... Il était très contrarié et il me faisait signe de partir...Je voulais le toucher, rien à faire, il ne voulait pas ! « Ne me touche pas ! Retourne en bas, le temps presse ! », mon père me supplia du regard...

« Papa, j’en suis incapable ! Ça va mal en bas, je suis pris, je suis incapable de me libérer...en plus je suis au chaud avec toi ! »... Je crois que c’est terminé !

« Gaston ! Va-t-en immédiatement...le temps presse ! »...

« Pourquoi papa ? Je ne peux plus rien faire...c’est fini ! »...

« Non mon garçon ! Ce n’est pas fini, ta femme t’aime, tes enfants t’aiment...Va-t-en ! »...

« Mais comment vais-je faire ? Je suis tellement pris ! Comment faire pour me déprendre ? »...

« Je ne le sais pas ! Mais tu dois partir, pars ! Il le faut, ton temps n’est pas encore venu, retourne en bas ! »...Les yeux de mon père étaient très insistants...

« Est-ce qu’on va se revoir ? » lui demandais-je ?

« C’est certain qu’on va se revoir mais pas avant un bon bout de temps, cela ce n’est pas important...ce n’est pas fini, tu dois partir ! Vite, va rejoindre ta famille, tu n’as plus de temps, va-t’en !!! »...mon père me regarda intensément, il ne me toucha pas de ses mains, me quitta en me tournant le dos... De mon côté, tout est redevenu noir et froid !

Je me suis réveillé 8 jours plus tard, à l’hôpital de l’Enfant-Jésus à Québec.

Le DEUXIÈME RÉVEIL...

Entre temps, à ce que l’on m’a raconté, au bout de 30 minutes après mon admission, l’hôpital de Baie-Comeau décide de me retourner à Québec en avion-ambulance. En effet, mon traumatisme-crânien, mes 8 hémorragies cérébrales, mon état général devenu critique, font que l’hôpital, en regard de ses moyens en TCC, juge que je dois poursuivre mon chemin ailleurs...

Hasard bienheureux de la vie, le médecin qui m’accompagne pendant le voyage est une de mes amies, que je considère maintenant comme ma « Grande Médecin Salvatrice »...madame Johanne Provencher. Voilà une de mes héroïnes, l’autre étant ma bien-aimée !

Arrivée à l’hôpital de l’Enfant-Jésus, le diagnostic n’est guère réjouissant, au bout de 23h30 de coma, les médecins décident de me plonger dans un coma artificiel, mon épouse riposte, elle ne veut pas, elle s’obstine, elle hurle ! Le modus operandi prévu est d’attendre 24 heures complètes avant de plonger un patient dans un état de coma artificiel et là-dessus, Gladys refuse cette éventualité, le temps n’est pas venu, elle redoute que je revienne, au bout d’une semaine, lourdement handicapé...

Gladys a tellement protesté que j’ai réagi (je ne m’en souviens guère...) et présenté certains signes qui ont fait que les médecins ont décidé de suspendre l’opération. Plusieurs mois plus tard, des neurologues m’ont avoué que je devais une fière chandelle à mon épouse...J’aurais pu effectivement, demeurer handicapé pour le reste de mes jours !

Pendant mon séjour de plus d’une semaine, je me souviens, épisodiquement, de petites choses, la plupart du temps, je suis aphasique, je pleure, je ne suis pas là...

Le 20 décembre, on annonce à mon épouse, qu’il n’y a pas peu de choses à faire avec moi. Les médecins et les neurologues la préviennent de faire de nombreux deuils, je ne serais plus comme avant l’accident, j’allais demandé une surveillance constante, les deux côtés du cerveau étaient endommagés, je n’avais plus ma tête, je ne pourrais plus travailler...Il n’y avait plus rien à faire ! L’hôpital a recommandé mon transfert dans un centre de réhabilitation.

Le 21 décembre, je rentrais au Centre François Charron pour entreprendre cette fameuse réhabilitation.

Le TROISIÈME RÉVEIL...

Du 21 décembre au 24 décembre 2005, je suis interné à cette institution.

Le 24 décembre au soir, ma femme fait tout un boucan : elle veut me sortir pour me ramener chez-moi, passer Noël et les Fêtes avec mes enfants. Branle-bas de combat, les autorités ne veulent pas, finalement après plusieurs heures de négociations, je passe les Fêtes chez-moi...

Je ne me souviens de pas grand chose...C’est vague, j’ai deux ou trois anecdotes là-dessus !

Le 06 janvier 2006, je retourne à l’institution, 3 jours par semaine...mais je ne me souviens de rien...

Un matin, c’était le 15 janvier 2006, je me réveille, je suis dans mon lit...Là, je me sens tout « démoli »...C’est calme dans la maison, je suis dans le lit mais j’éprouve de la difficulté à bouger...J’appelle ma conjointe qui arrive peu après. Je lui demande : « où sont les enfants ? » Elle me répond, en classe à l’école !

Je lui dis : « suis-je en congé ? Je ne travaille pas »...Elle me répondit : « Non mon Amour...ça va prendre bien du temps ! ».

De mon côté, on aurait dit que tous mes neurones s’étaient rebranchés, que ma tête était revenue, que ma raison était là !!!

Je ne comprends pas... Je lui redemande : « qu’est-ce que j’ai eu ? »...Pour la centième fois me dit-elle, elle me répond que j’ai eu un grave accident d’automobile, que je suis venu bien près de mourir. Je ne la crois pas ! Je lui demande de raconter, mais elle ne veut pas, se disant sans doute que je ne retiendrais rien ! Je l’assure que « je suis revenu pour vrai », je lui demande encore de raconter cette histoire...

Elle soulève les couvertures, me montrant ce gros coussin de chair au-dessus de ma cuisse droite, elle me montre la grosseur de mon avant-bras gauche, elle aide à me relever et m’amène devant le miroir de la salle de bain et me montre avec un autre miroir, la couleur de mon cou...c’est noir et bleu !

Je lui demande : « Où est ma voiture ? »... kaput, fini fut sa réponse...Elle me conduit au garage de la maison, ouvre la porte : rien ! « Où est ma voiture ? » Quelque part, dans un cimetière de voitures à Baie-Comeau fut sa réponse !

QUELQUES ANECTODES...

Pendant mon séjour à l’hôpital de l’Enfant-Jésus et au centre François Charron, il m’est arrivé quelques faits ou histoires, qui aujourd’hui sont très hilarants, mais qui à l’époque étaient franchement paniquants pour mon épouse et pour les miens...

Certains de ces faits m’ont été racontés, d’autres je m’en souviens : le cerveau est une formidable machine au fonctionnement complexe, mais à la fragilité certaine ! Je ne peux expliquer (ni les médecins...) comment avec les 8 hémorragies cérébrales, les coups reçus à la tête et la médication très puissante, comment il se fait que je me rappelle clairement de certains épisodes...

Épisode #1 : Mon ami me rapporte cette tranche de vie, une année plus tard...Un jour, mon capitaine de ma ligue de hockey me rend visite. Je suis gardien de but pour l’équipe et j’ai hâte de jouer. Mon ami se dit, jamais Gaston va revenir de cette aventure, il est dans un département « cadenassé ». Je lui tiens un discours hallucinant, je crois que nous jouons dans la LNH. Il me quitte en se disant que c’est terminé pour moi, je n’ai plus la raison...

Épisode #2 : Je me souviens très bien de cette « stupidité »...Un matin mon épouse et mes 3 enfants viennent me voir. Comme c’est un jour de fête lorsque je les vois, je suis super-content. Mes enfants sont autour de moi et ma femme me dévisage d’un drôle d’air (je comprends aujourd’hui, mais à l’époque je m’en foutais...). Je dis à mon garçon, Louis-Philippe qui a 9 ans : papa a déjeuné ce matin avec Patrick Roy, on a réglé ton problème, Montréal a échangé José Théodore et c’est toi qui « goale » au Centre Bell samedi soir, es-tu content ? Mon garçon a répondu « c’est ok pa ! »...Mon épouse me regardait avec de drôles de yeux, je comprends aujourd’hui que mes amours pensaient que papa n’était plus là...

Épisode #3 : Je me souviens également de cette « niaiserie »...Un soir, je suis très emballé, j’apprends à mon épouse et aux enfants que je me suis trouvé un job d’annonceur à la radio, je gagne un million de dollars par année, j’ai été engagé car j’avais trouvé le secret des « Indiens »... Nous sommes riches, donc ma femme peut quitter son emploi d’infirmière...OUF !!!

Des épisodes comme ceux-ci, j’en ai des dizaines à raconter, certains drôles, d’autres sérieux, mais tous bizarres !

LE RETOUR À LA VIE...

Puisque j’avais « obtenu mon congé » pour la période des Fêtes, mon dossier médical était revenu entre les mains de mon docteur de famille. Autre bel hasard de la vie, mon médecin est un ami, Louis Blouin me connaît depuis 25 ans...

Après un examen qui a duré près de 90 minutes, Louis me révèle que je suis très chanceux, un miraculé...que c’est incroyable, que je suis passé à 2 cheveux de la mort, que je n’ai pas ou peu de séquelles de cette aventure. Cependant, mon plus grand défi sera de sortir de François Charron, car les médecins de ce centre voudront me traiter, m’analyser sous toutes les coutures, voire m’étudier...Jamais au grand jamais, je devrai révéler que mon médecin me dit guéri ou que moi-même je me dise guéri ! On dira que nous sommes fous ! Je devrai plutôt m’armer de patience et je devrai être rusé. Cette autre aventure a duré 6 mois...

Je suis chanceux, je suis béni, je suis un miraculé ! Les médecins me l’ont répété à plusieurs reprises ! Très souvent, ils me montraient des patients bien plus amochés que moi, pourtant leur accident était beaucoup moins grave que moi...Les docteurs me demandaient pourquoi je n’étais pas en plus mauvais état ? Je ne savais pas quoi leur répondre, me contentant de leur dire que les médecins c’étaient eux, pas moi !

Un jour un neurologue fit une synthèse, j’avais les oreilles toutes grandes ouvertes : « monsieur De Courcy , 3 choses vous ont sauvé la vie : votre constitution et force physique, votre Volvo, et...(le médecin hésitait...) vous avez reçu un coup de pied dans le derrière gracieuseté du Bon Dieu et de votre père ! Je trouvais cette explication un peu étrange, venant d’un homme de science ! Votre temps n’était pas arrivé...En un mot, LA SPIRITUALITÉ A EU LE DESSUS SUR LA MATIÈRE...Ouf, cette explication ne vient pas d’un astrologue ou d’un hippie, mais bien d’un scientifique cartésien...

Le temps te rattrape, les priorités de la vie aussi...tu vis « sur une autre planète », à un autre rythme, sur une autre fréquence ! Moi, je n’ai plus de problème ! Oups ! Plutôt mon problème à moi, ce que je n’ai plus de problème !!! Je n’ai pas peur de mourir. Je ne veux pas mourir, je dois continuer d’être là pour ma femme et surtout mes enfants ! Je ne veux pas endurer, dans mon entourage, des plaignards, des négatifs, des chialeux de tout acabit...

Les premiers instants, même si çà fait 3 ans que je suis revenu, tu es si heureux d’être vivant, de vivre de respirer, de voir, quelle chance ! Tu as un sourire quasi-permanent accroché au visage, certains doivent le trouver niais et énervant à la longue...ils ont probablement raison, mais moi, je continue à sourire, à trouver la vie belle, à savourer ma chance d’être présent sur cette terre !

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