Notre Expérience - Témoignages NDE/EMI et ECM

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 Témoignage de Justine

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Martine
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Nombre de messages : 5271
Localisation : Suisse
Date d'inscription : 16/09/2005

MessageSujet: Témoignage de Justine   Mar 11 Fév - 18:07

 

Témoignage de Justine

A l’âge de trente quatre ans, je me suis retrouvée enceinte de mon quatrième enfant qui, dans les circonstances de ce temps là, tombait dans une période de construction de la maison de nos rêves ( mais de nos mains aussi). Avec deux aînées de plus de dix ans et une petite dernière d’une année, le travail ne manquait pas, et financièrement, c’était plutôt difficile. Mais après de grandes réflexions, cet enfant me donnait la plus grande surprise de ma vie et la possibilité de découvrir un nouveau regard sur le monde... C’est avec bonheur que je m’apprêtais à me partager pour lui. Mais, au contrôle du quatrième mois de grossesse, sa taille n’avait plus grandi depuis trois semaines, et son cœur ne battait plus... Comment décrire ce déluge de pleurs sur ma vie ? ... Avant je naviguais par beau temps, protégée par l’amour de mon mari et de nos familles et par la confiance que j’avais depuis toujours. Et là, je me trouvais déchirée par cette dernière chance que l’on m’avait fait miroiter et qui m’était enlevée. C’est la mort dans l’âme, après trois jours d’attente nécessaire pour l’accepter, (même si le médecin voulait ne pas me faire risquer une septicémie et m’opérer dès le lendemain), que je me suis décidée de retourner à l’hôpital, pour y subir un curetage.

Et c’est là que mon voyage a commencé...

Comme lors d’une fausse couche que j’avais eue entre mes deux aînées, je m’attendais à m’endormir et à me réveiller dans l’ascenseur, avec un temps volé.

Mais au lieu de m’endormir, très vite je me suis retrouvée dans les étoiles, sans voir autre chose, j’étais conscience, de la grandeur d’une poussière invisible mais bien là... L’impression d’être dans un endroit où je ne devais pas m’a assaillie aussitôt, mais je ne voyais pas le chemin qui m’avait conduit là , et je ne savais quoi faire et où aller... Vite il m’a semblé être emportée par mon regard, à la façon des kaléidoscopes, dans le bleu intersidéral, et ainsi, traverser une multitude d’étoiles, qui formaient des univers qui se succédaient les uns après les autres, avec le sentiment de vie que je n’avais pas le temps de percevoir, mais il me semblait entendre une musique des nuées de planètes et j’entends encore le bruit des dépassements, comme les bornes des autoroutes.

Comme si le temps s’était arrêté...

Et j’ai presque envie d’interrompre mon récit, car ce qui suit n’appartient et ne concerne peut-être que moi. Avec l’expérience des huit ans passés, je n’ai pas envie d’être considérée avec un message qui fait peur. Le fait d’en être revenue, a transformé ma sensibilité et me coupe des autres et je n’ai pas envie d’être coupée de vous. C’est pourquoi je précise que j’espère que ce soit le fait de la médication comme l’a expérimenté Stanislav Grof dans ses recherches...Et qu’en aucun cas vous ne croyez que je pense imposer ma perception de l’au-delà.. Pour être honnête, je ne vais pas retrancher des impressions que j’ai vécues, je vais les condenser, et préciser que je respecte totalement les expériences qui nous ont transformés chacun selon son chemin.

Après ce fut très difficile et mon expérience a été négative, car je me suis trouvée entre deux boules qui contenaient tout, même les trous noirs. Chaque chose, chaque atome, avait un poids et une très grande importance. Chacune des deux boules captait ce qui lui appartenait, sans faute, et j’ai eu la sensation de devoir abandonner mon bébé.

Tout était compté, aligné, et partait pour la boule du Bien ou pour la boule du Mal...

Comme j’étais plus près de la boule du Mal, il m’a semblé être aspirée... Et là....

J’ai ressenti tous les malheurs de l’humanité, sa folie, son désespoir, sa douleur à travers ses blessures, et le poids des conséquences de ses actes... Il me semblait être au bord d’une plage à perte de vue, et chaque grain de sable était une âme en peine . Pour finir, il m’a semblé être avalée, analysée et jugée, et la pitié que j’avais, m’était jetée à la figure avec une grande interrogation :

  Seras-tu meilleure ? ? ? ?

C’est là que je me suis souvenue que je n’avais pas de corps... Et que toute la puanteur des corps en décomposition ne pouvait pas s’accrocher à moi car je n’étais que poussière...

Je savais que la boule du Bien n’étais pas à ma portée, car il me semblait qu’il fallait être porté par la prière d’une religion et comme j’avais toujours respecté l’humanité dans ses différences et ne suivais plus la prière de l’église catholique, qui depuis toujours me semblait injuste de se dire seule représentante de Dieu... je me sentais perdue...

C’est alors qu’il m’a semblé avoir une place de choix !

J’étais entre, et de là j’assistais au mystère de la vie...La force créatrice. Il n’y avait pas de passé, pas de futur, il n’y avait que le verbe PRESENT...

Comme un arc électrique, je percevais une GRANDE PRESENCE et le nom de DIEU était comme une évidence. Entre les deux boules, entre la comparaison et les choix de chacun, et la force de Dieu qui se nourrissait de chaque conscience, tel un père reconnu par ses enfants. C’était de l’amour pur, de l’attention, du pardon éternel ! De l’AMOUR sans question, et de le reconnaître m’a permis d’être plongée dans un océan de vie. Des milliers de fleurs se sont ouvertes, ont rempli mes yeux de leurs couleurs, mes narines de leurs senteurs, les animaux dans leur course m’ont fait partager leurs amours, l’importance et la complémentarité entre le mâle et sa femelle, la fragilité et la joie de la jeunesse...La place de chacun dans la chaîne alimentaire...Il me semblait comprendre que tout était fait de chaînes et que chaque maillon avait une grande importance... La chaîne des mères et des grands-mères au chevet des enfants malades, du fond des grottes du début de l’humanité à maintenant. L’humanité m’est apparue avec le rêve de chaque humain, de paix, de santé et d’amour, la force qui fait que chaque matin on se lève, on s’entraide, on prie pour l’autre, et on remercie Dieu quand il a exaucé notre prière. J’ai ressenti beaucoup d’amour pour cette humanité, avec la conscience de l’importance des différences. Les races étaient comme des instruments qui nous permettaient de glorifier Dieu avec de différents sons, pour former un orchestre, pour jouer la symphonie de la vie.

Tout avait une raison, avait un sens, une grande intelligence dirigeait le soleil qui permettait au blé de se gorger des forces de la terre. J’ai fait le voyage dans l’infiniment petit des radicelles, puis des racines à la tige, de la tige à l’épi, pour savoir la chaîne de chaque cellule pour former un tout pour nourrir chacun. Tout le blé qui avait été nécessaire à me faire grandir, m’était présenté. et je savais que je faisais partie d’un grand Tout. Et que chacun était comme un grain de blé, gorgé de force, qu’il soit grand ou petit, normal ou anormal. Chaque être humain a sa place, et permet à l’autre de grandir, dans la différence, qui est une richesse pour exprimer Dieu...

De là il me semblait comprendre, pourquoi nous venions au monde sous telle et telle étoile avec tel prénom. Tout était prévu, compté et sans faute...

J’ai assisté à un grand comptage, qui a commencé par des milliards d’étoiles , par milles, par cents et qui a fini par trois trois trois... deux deux ... un point final.... avec un grand schlussssssssss... mon oreille a le souvenir d’une aspiration vers le néant, le silence total, le regret, ou le remords.

Lorsque l’infirmière m’a réveillée à l’hôpital, je me suis sentie tirée comme par un élastique, et revenir au-dessus de la Suisse, au-dessus de la ville, à travers les feuillages à peine éclos du printemps, j’ai vu par la fenêtre mon corps étendu. Il me semblait impossible de le retrouver, comme si je devais entrer dans le corps d’une fourmi... Et quitter une conscience véritable, comme voir la vie à travers un miroir, être du côté qui montre toutes les conséquences, l’importance des enjeux, et devoir revenir au monde avec les œillères de ma petite vie rangée... Il me semblait avoir quitté à jamais l’insouciance...

Je me suis réveillée avec un poids énorme sur le cœur, il m’a semblé devenir folle, entre le bien et le mal. La réalité était une seule pièce, une médaille avec un revers, et la question pourquoi fallait-il que le mal fasse si mal, comment dire le bien pour qu’il soit entendu ?

Tout se mélangeait dans ma tête, et il me semblait voir ma vie comme un négatif de film photographique, le noir en blanc et le blanc en noir...

Le Hasard à fait que dans la nuit, de la chambre d’à côté, me parvenait le râle de mort d’une personne. L’importance de sa conscience, ainsi que notre rôle d’humain à accompagner une personne dans le passage, a fait que j’ai dû demander à l’infirmière si cette personne était entourée et lui expliquer ce qui m’était arrivé, pour lui faire comprendre qu’un somnifère était insuffisant. C’était une jeune infirmière très compréhensive, et son écoute m’a soulagée.

Les médecins ne se sont pas prononcés sur l’anesthésie, et autrement je ne savais pas où me diriger pour raconter ce que j’avais vécu...Curé, psychiatre ? ? ?... Il me fallait en connaître pour en trouver d’assez compétents pour entendre... Mais il me semblait inutile d’en chercher, car je n’avais pas envie d’entrer dans une guerre de religion...Il y en a tellement déjà dans ce monde... Même le suicide me semblait ridicule face à la réalité dont j’avais pris conscience. Il n’y avait aucune échappatoire à ce qui me cernait... Mon mari était là pour m’aider à reprendre vie, et d’autres hasards m’ont fait trouver des personnes qui ont pu m’indiquer des portes pour trouver de nouveaux chemins.

Tel le « Grain de sable ».

Cela fait du bien de retrouver des impressions que l’on ne savait pas trop bien définir. Il faut continuer chacun avec ses moyens, ses réflexions pour les donner aux autres. Pour ne pas se sentir seul à ne plus entrer dans la société (de consommation) et ne même plus en parler...Ce serait bien de faire des rencontres, même d’avoir une formation pour nous entourer, et l’idéal serait d’en faire une nouvelle branche de la médecine *.... ou de la théologie... D’être suffisamment unis pour ne pas se laisser classer, et séparer. Que cette réalité que nous avons perçue entre dans les mœurs et ne se laisse pas enfermer dans le statut de secte, d’élite et cie. Ce serait mon souhait...Merci à tous.

Martine/Justine

* le livre de Gabrielle Ricq-Chappuis « La guérison a des raisons que la raison ne connaît pas » aux Editions Chemin de l’Harmonie fait état de notre situation.

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